La dysfonction du lien : faire le point sur sa relation
Par Charlotte Creplet, thérapeute relationnelle spécialisée en sexologie et chercheuse en psychologie (ULB)
Se demander si on a envie de quitter sa relation, ce n’est pas forcément mauvais signe. Le désir de partir va et vient, et c’est normal. Mais il arrive qu’il change de nature, et c’est ce que cet outil aide à voir.
La dysfonction du lien a deux objectifs : faire le point sur sa relation et mesurer son envie de partir. La question de départ est simple : où est-ce que j’en suis sur la courbe ?

Une courbe, trois zones
La courbe représente le désir de quitter la relation au fil du temps. Au-dessus de la ligne du zéro, l’envie de partir est là. En dessous, elle n’existe pas.
La lune de miel
Le désir de quitter est inexistant, au contraire : je veux rester le plus longtemps possible dans la relation.
La zone épanouissante
Il m’arrive d’avoir envie de quitter. Je me pose la question de savoir si la relation me convient, et la réponse est parfois oui, parfois non.
C’est la zone la plus large, et elle est saine : la courbe monte et descend, et c’est justement ce mouvement qui fait vivre la relation. J’en parle plus longuement dans l’article Comment on fait pour gérer les hauts et les bas dans une relation ?
La zone d’inertie
Mon désir de quitter est clair, même s’il est fluctuant. Je sais que la relation ne me convient plus, mais je n’ose pas encore franchir le cap.
Au bout de cette zone, il y a le départ : assumé ou manqué.
Comment l’utiliser
Regardez la courbe et situez-vous dessus, sans vous juger. Puis posez-vous quelques questions :
- Depuis combien de temps suis-je dans cette zone ?
- Ma courbe redescend-elle encore sous la ligne du zéro, ou reste-t-elle au-dessus ?
- Si je suis dans la zone d’inertie, qu’est-ce qui me retient de franchir le cap ?
L’outil ne dit pas s’il faut rester ou partir. Il aide à voir plus clairement où vous en êtes, ce qui est souvent la première étape pour en parler, à votre partenaire, à un proche ou à un professionnel.